Pourquoi j’ai décidé de participer au Salon Maison & Objet envers et contre tout

Dernière mise à jour : 29 avr.


Vue de luminaires interactifs au salon Maison & Objet

Quand on monte une entreprise, on n’est pas du tout sûre de faire les choses bien. Me concernant, je suis même à peu près convaincue de les faire mal, c’est-à-dire dans le désordre, pas forcément de la manière la plus adaptée, ou en prenant les décisions stratégiques les plus justes. Comme s’il y avait une façon idéale de lancer son entreprise, en survolant les embûches, en ne prenant que les meilleures décisions possibles au meilleur moment possible. Evidemment, ce n’est pas vrai. Il y a bien sûr des opportunités qui se présentent, et on peut les saisir ou pas, mais il n’y a pas de recette magique pour lancer son entreprise, ni de façon idéale de s’y prendre. Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, chaque parcours dépend de l’entrepreneuse. Et moi, j’avais idéalisé le lancement de mon entreprise.


Donc, quand j’ai mis trois mois à recueillir les signatures de mes premiers artisans partenaires, j’ai trouvé que c’était trop long et je me suis dit je m’y prenais mal. Quand j’ai embauché une juriste pour me guider à travers les différentes structures possibles, et pour rédiger les statuts de mon entreprise, j’ai trouvé que c’était trop long, trop cher, je me suis dit que je m’étais fait avoir et que je m’y prenais mal. Quand j’ai demandé de l’aide aux collectivités territoriales, j’ai trouvé que c’était trop long, trop compliqué, je me suis dit qu’on ne m’y prendrait plus jamais, parce que décidément je m’y prenais mal.


GIF Barack Obama qui ne comprend pas

En revanche, quand j’ai candidaté pour présenter des artisans d’art des Antilles sur le pavillon CRAFT du Salon Maison & Objet, je n’ai pensé à rien. J’ai juste tenté ma chance. Quand mon dossier a été refusé pour des contingences administratives, j’ai remué ciel et terre pour donner la preuve de ma compétence à l’organisation du salon. Quand il a manqué des pièces, des photos, des courriers de soutien, je les ai adressés à toute vitesse. Vous pensez peut-être que c’est à cause de mon esprit de combativité ? Mais maintenant, avec le recul, je pense que je savais que je devais y participer.

Pourtant, sur le plan logique, participer à un salon la première année de son activité, sans trésorerie, et en prenant toutes les charges à son compte, ce n’est pas un bon calcul. Je me suis endettée à titre personnel pour y participer. J’ai fait des demandes de subvention auprès des collectivités et de la Chambre des Métiers. Pendant trois mois, je les ai relancés. Pendant trois mois, j’ai appelé, écrit, rappelé… sans succès. Les coachs que j’ai rencontrés des programmes Anggels, Initiative Guadeloupe ou Outremer Network m’ont tous expliqué (à raison) que prendre une telle responsabilité financière, si tôt dans la vie de mon entreprise, sans demander aucune contrepartie aux artisans, était une pure folie. Seulement voilà, je n’entendais rien.


Il faut, pour que vous me compreniez bien, que je vous raconte mon historique a